Réduire les délais entre les deux doses de vaccin : une décision nécessaire pour protéger les résidents des CHSLD et des RPA

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À l’aube d’une troisième vague, l’importance de la vaccination des populations vulnérables s’accentue davantage. Le Québec s’est démarqué en priorisant d’abord les personnes vivant en centres d’hébergement et autres milieux de vie collectifs, là où la COVID a provoqué une véritable hécatombe. Une autre stratégie originale fut de retarder l’administration de la deuxième dose de vaccin afin de protéger par une dose initiale le plus de personnes possible. Si cette dernière approche semble porter fruit, il y a lieu de s’inquiéter de la protection réelle des personnes plus âgées et de réexaminer le délai de 16 semaines entre les doses de vaccins.

Taux de réponse et de protection inférieurs chez les personnes plus âgées après les deux doses

Le vieillissement et les maladies chroniques altèrent la réponse immunitaire de façon significative. On sait que la réponse aux vaccins est moins prononcée chez les personnes très âgées présentant de multiples affections. Les données initiales des essais cliniques sur les vaccins contre la COVID montraient d’ailleurs des taux de réponse et de protection inférieurs chez les sujets plus âgés après les deux doses recommandées à trois semaines d’intervalle.

Plusieurs études récentes confirment que la réponse à une première dose d’un vaccin est très bonne chez les personnes jeunes, mais beaucoup moins adéquate chez les plus âgées. Une étude réalisée par des chercheurs de Colombie-Britannique montre que la réponse immunitaire des personnes âgées hébergées est relativement faible après la première dose de vaccin.

Ces données confirment donc que l’espacement des doses semble sans conséquences significatives chez les personnes plus jeunes, mais pourrait laisser sans protection les personnes très âgées, surtout si elles sont fragiles et hébergées en milieu de vie collectif. Ajoutons à cela les doutes soulevés quant aux taux d’efficacité des vaccins actuels contre les variants.

Prioriser la vaccination complète des personnes âgées vivant en milieu collectif

La prudence la plus élémentaire et l’expérience catastrophique des deux premières vagues devraient nous inciter à rétrécir au minimum l’intervalle entre les doses pour les personnes très âgées en milieu de vie collectif. En priorisant la vaccination complète de ces populations les plus à risque, on réduirait le risque d’éclosion dans ces milieux en ne retardant que de quelques jours la vaccination des autres groupes.

Nous pressons donc les autorités de santé publique et le gouvernement de protéger au maximum les personnes âgées hébergées le plus rapidement possible. N’attendons pas une nouvelle hécatombe. Il n’y a pas de risque à prendre.

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