Déclaration de principe

La pandémie de COVID-19 a pris la planète par surprise. Au Québec, les points de presse quotidiens du premier ministre ont permis de découvrir des enjeux importants liés à la gestion de la crise sanitaire qui a frappé durement les clientèles vulnérables, particulièrement les personnes âgées vivant en CHSLD, en ressource intermédiaire (RI) et en résidence privée pour aînés (RPA). Ces milieux ont été, et sont encore, les installations les plus touchées par la COVID-19, tant pour le nombre de personnes infectées que par le nombre de de cas.

D’autres clientèles vulnérables sont moins visibles mais ont, elles aussi, été affectées par des ruptures de services : les jeunes vivant en centres jeunesse et en foyer collectif, les personnes vivant avec une déficience intellectuelle (DI) ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA), les personnes âgées en perte d’autonomie et les personnes handicapées vivant à domicile, pour n’en nommer que quelques-unes. Leurs proches aidants ont par conséquent été eux aussi affectés en ayant dû pallier l’arrêt des services d’aide et de certains soins professionnels. 

Plusieurs problèmes importants tels que la pénurie de personnel, le manque d’équipement de protection individuel (ÉPI) et de tests de dépistage, la difficulté d’avoir accès à certains médicaments et le retard dans la mise en place de zones de traitement et de confinement ont été constatés.  De plus, les écarts dans l’application des directives ministérielles et de santé publique entre les régions sociosanitaires et les établissements de santé et de services sociaux relevant des CISSS et des CIUSSS ont engendré des iniquités qui ont brimé les droits des usagers du réseau de la santé et des services sociaux et mis leur vie en danger.

Chez les personnes vivant dans un domicile ou un logement privé, le nombre de décès a été nettement moins élevé que chez les personnes vivant en milieux collectifs. Ce constat et les mesures sévères de confinement qui ont dû être appliquées à tous les résidents des résidences pour aînés (RPA) ont déclenché un mouvement de prise de parole chez les aînés. Leurs constats, leurs attentes et les pistes de solution qu’ils proposent pour pouvoir continuer à vivre dans leur milieu sont exprimés sur le site web « Vieillir chez moi, c’est gagnant » (https://www.vieillirchezmoi.org), récemment développé pour permettre aux personnes concernées de s’exprimer.

La situation de crise a mis en lumière des lacunes importantes du réseau de la santé et des services sociaux. Les réformes structurelles des dernières décennies ont accentué le rôle prépondérant de l’hôpital, marginalisant ainsi les autres secteurs desservant les jeunes en difficultés, les personnes avec une déficience intellectuelle (DI) ou un trouble du spectre de l'autisme (TSA), les aînés en perte d’autonomie ou les personnes handicapées. Des déficiences aux plans de la gestion, du financement, des ressources humaines ainsi que de la qualité et la sécurité des installations ont été dévoilées lors de la crise.

Reconnaissant le caractère exceptionnel de la pandémie de COVID-19 qui a frappé le Québec, la probabilité d’une 2e vague et la présence du SARS-CoV-2 pour une période prolongée;
Reconnaissant l’importance de protéger la santé, l’intégrité et les droits de l’ensemble des clientèles vulnérables du réseau de la santé et des services sociaux lors d’urgences sanitaires ;
Reconnaissant la nécessité de continuer à prodiguer, sur une base quotidienne, des soins et des services aux personnes touchées par une grande perte d’autonomie vivant dans des sites d’hébergement de longue durée lors d’urgences sanitaires ;
Reconnaissant la nécessité de prodiguer un niveau suffisant de soins et de services de qualité aux personnes à domicile, tant aux usagers connus qu’à ceux qui formulent une nouvelle demande;
Reconnaissant l’obligation de tenir compte des attentes exprimées par les personnes concernées par les différents programmes de soins et de soutien offerts par le réseau de la santé et des services sociaux;
Reconnaissant l’urgence de procéder à une révision en profondeur de la gestion et du financement des secteurs non-hospitaliers du réseau de la santé et des services sociaux pour en améliorer l’accès et la prestation de services, la dotation des ressources humaines ainsi que la qualité et la sécurité des installations;

Les membres du Collectif ACTION COVID-19 conviennent de :

  • Réunir des organismes nationaux offrant des services et des soins aux Québécoises et Québécois ainsi que des experts pour témoigner des enjeux liés à l’offre de soins et de services aux personnes vulnérables pendant la pandémie ;
  • Réviser les meilleures pratiques en termes de gestion, de financement, de recrutement et formation du personnel, de qualité et sécurité des installations et de prestation de services;
  • Adhérer aux principes de co-construction et d’intelligence collective ;
  • Proposer des pistes de solution réalistes et applicables rapidement pour réduire ou enrayer les problèmes identifiés au cours de la pandémie;
  • Identifier des moyens concrets, applicables à court et moyen terme, visant à protéger les droits, l’intégrité et la santé des personnes les plus vulnérables dans un souci d’équité de l’offre de soins et de services entre installations, établissements de santé et régions sociosanitaires;
  • Diffuser et rendre accessible ses travaux pour alimenter le gouvernement et les dirigeants du réseau de la santé et des services sociaux et les organisations qui veulent améliorer leurs actions auprès des clientèles vulnérables, qu’elles soient hébergées, résidantes d'une résidence pour aînés (RPA) ou dans leur domicile;
  • Proposer des orientations qui, à moyen terme, répondront au souhait largement exprimé de recevoir des services et des soins dans le milieu où elles choisissent de vivre.

Les membres du Collectif ACTION COVID-19 conviennent, par cette déclaration basée sur la responsabilité individuelle et la responsabilité collective de respecter les principes énoncés et de les promouvoir.

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